(ou la promesse tenue...)
Ça fait un peu espion ce titre... Enfin bon... ça le serait si ce Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) avait quoi que ce soit à cacher. Et comme c'est tout le contraire, je suis plutôt à l'aise
pour vous parler de cette expérience nouvelle pour moi: un projet politique destiné à révolutionner complètement la manière de vivre, de participer à la démocratie, de se loger, de se nourrir, de
se déplacer et de travailler des français. Rien que ça...
En tout cas, c'est toute l'ambition que j'avais pour ce projet en arrivant à cette première (j'étais vierge... si...) réunion du NPA. Le NPA est un mouvement qui a été lancé par la Direction de
la LCR et dont je vous avais déjà, auparavant, relayé la création.
Tout est parti d'une vidéo trouvée sur internet (1). Besancenot y parlait de ce mouvement. J'ai donc cherché quelques informations sur internet (2). J'y ai trouvé, sinon un programme, au moins
les grandes idées, les aspirations globales des partisans de ce nouveau parti. J'ai donc pris contact avec un responsable du NPA par internet (3). Il m'a répondu, par internet (4), et c'est ainsi
que j'ai eu connaissance de l'actualité du mouvement et de la date de la réunion qui se tenait au titre du NPA, ce soir même.
Vous avez remarqué, j'ai volontairement répété "internet". Parce qu'à 4 reprises, internet m'a permis de franchir un nouveau palier pour découvrir le NPA. Tout ça pour dire que j'ai réussi à
trouver l'info sur internet, mais j'ai dû batailler alors que c'est mon job. Il n'empêche que ça a été gratuit. J'étais confortablement installé chez moi, la tête reposée, avec tout le temps que
j'estimais nécessaire pour m'informer... J'en viens à la conclusion que le minimum pour un tel mouvement serait de se doter d'un blog pour communiquer sur internet:
- présenter l'actualité du npa local, les avancées, les premières ébauches de textes,
- informer sur les dates des actions et des réunions,
- un forum permettant le dialogue des militants en dehors des réunions (je rappelle que j'habite à plus de 30 bornes des réunions et qu'en ces temps de pollution et de pétrole cher, je ne pourrai
malheureusement pas assister à toutes, néanmoins j'aimerais bien pouvoir participer au débat. Idem pour les personnes âgées... les handicapés... ceux qui ont des horaires à la con),
- établir des liens entre des communautés de blogueurs déjà très actifs sur ce sujet (comme celles auxquelles je suis inscrit, en vrac: Libre expression, Les blogs sarkostiques, Résistance 2007, Les anticapitalistes, Les antilibéraux) et ce nouveau mouvement en quête d'un soutien populaire massif,
Réveillez-vous, TOUT LE MONDE est sur internet, moi, vous, tout le monde. Et c'est un outil fantastique, s'il est bien utilisé (un peu comme la télé... mauvais exemple... la mienne reste
quasiment constamment éteinte) Et vous n'atteindrez pas les gens, si vous n'allez pas les chercher là où ils sont...
J'entends d'ici les arguments du NON (faut dire que je les ai lus sur le web...) :
- on va sédentariser les gens, on ne veut pas créer un parti de membres qui s'inscrivent et payent leur cotisation par internet mais ne sortent pas de chez eux pour les actions: je n'y crois pas
UNE seconde !!! C'est grâce à internet que je suis venu vous voir... C'est grâce à internet que les jeunes se renseignent pour aller à un festival, les moins jeunes pour savoir ce qu'il y a au
ciné ou pour choisir leurs vacances. Et puis, croyez-vous qu'il vaut mieux toucher les gens chez eux par internet, ou ne pas les toucher du tout ? De plus, c'est sûr que si c'est pour défiler
derrière les syndicats en chantant "on n'est pas content" (mais pas trop fort...) je ne suis pas trop partant... par contre, si c'est pour bloquer les aller-venues devant la banque de France ou
que sais-je encore?! Des trucs originaux, hors du commun, des opérations qui claquent ok? C'est tout juste si les médias parlent encore des manifs classiques... Non il faut des trucs qui font
vraiment parler!! Et qui nécessitent peu de moyens... et ça rabattra les gens qui voudraient en savoir plus sur internet,
- je n'en vois pas d'autre.
Les avantages sont... purement illimités, notre imagination. Mais pour être concret... Les moyens financiers: 0. La disponibilité des gens qui s'en occupent: quand ils ont le temps. La portée:
mondiale. Le temps économisé pour les militants (qui je le rappelle sont des bénévoles qui bossent pour la plupart, qui n'ont donc pas toute la semaine pour ça... même s'ils aimeraient bien).
Voilà, pour moi comme vous pouvez le voir les choses sont plutôt claires sur ce sujet. Soit ce mouvement mènera - aussi - son combat sur internet. Soit il refuse internet et se met un tel boulet
au pied que je préfère ne même pas m'engager.
Pour clore sur ce sujet (à vous de commenter)... Je n'ai aucune espèce d'envie de m'occuper de ce blog, donc loin de moi l'idée de provoquer le débat pour me l'accaparer. C'est NON!
Voilà... Il fallait que je le dise, car ça m'a vraiment sauté aux yeux lors de cette réunion. Tous les problèmes évoqués d'horaires de réunion sur les tracts (sur lesquels on pourrait très bien
renvoyer vers un site internet qui publie les news), sur les problèmes de visibilité et d'information auprès du public, "Google", "npa" + n° du département, et voilà! Toutes les infos sur le NPA!
L'aspect gratuit et le peu de disponibilité que cela nécessite pour l'entretenir, le côté pratique, confortable, accessible, ouvert... Comparé à une communication papier... Bref, je ne dis pas
qu'il faut supprimer l'ancienne méthode mais un peu de nouveauté (et la puissance démocratique qui va avec) ne ferait pas de mal à un mouvement en quête d'élan populaire comme le nôtre.
Mais passons à cette réunion... Lorsque je suis arrivé, la plupart des gens attendait dehors par petits groupes. Visiblement quelques-uns se connaissaient déjà. Certains depuis plusieurs années
sans doute, des couples ou des amis. Et des connaissances plus récentes. Plus neuves. Polies. J'entre en saluant largement. Le responsable (je serais nominatif plus tard, si on me l'accorde)
apercevant un nouvel arrivant s'approche de moi, se présente, me salue. Et tout le monde s'installe. La réunion commence.
Ce "meneur" présente l'ordre du jour aux côtés d'une petite équipe. En face, l'assemblée est hétéroclite. C'est logique finalement, mais ça fait toujours plaisir à voir en fait... Ça rassure ; ça
donne de l'espoir sur le côté fédérateur de ce projet. Le débat sera technique. Quand j'ai su ça, je me suis dit: "oups... mais euh... je suis venu là pour me faire une idée sur le fond moi,
parce que sur internet y'a pas des masses d'info!"... Bref, je viens d'arriver, je ne vais pas, d'entrée, faire péter ma gueule. Et puis en fait j'ai bien fait, car si au début le débat a pris
une tournure un peu bizarre (L'orateur parlait et personne ne semblait vouloir intervenir), plus tard les langues ont commencé à se délier. Régulièrement le débat débordait largement sur le fond,
pour être ramené dès que possible par le "meneur" sur le sujet de départ... Les points techniques. C'est un passage où, perdu dans mes pensées, je me suis fait plusieurs réflexions, en marge du
débat (je découvrais):
- la prise en charge des nouveaux arrivants devrait être mieux organisée. Par exemple, une personne devrait être affectée à cette tâche et déceler ces personnes, les orienter, leur présenter le
mouvement rapidement, les choses à savoir, la façon dont va se dérouler la réunion... Je pense que ça pourrait être fait plus chaleureusement, et pourtant je suis pas un fan des câlins entre
potes...
- on voit tout de suite se dégager des meneurs, des militants expérimentés (syndicats, autres partis) qui, même s'ils tentent de dissimuler leur passé, sans doute pour laisser toute la liberté
possible à ce nouveau mouvement de se construire lui-même, présentent des arguments trop bien construits pour être réfutés, comme ça, de but en blanc devant toute une assemblée par un
non-expérimenté. Dommage et je n'ai pas de solution pour que ça se passe autrement. Il faut le garder à l'esprit, y faire attention, c'est tout ce que je peux dire. Une autre gêne vient du fait
qu'on sent très bien que des histoires sous-jacentes remontent du passé, et reviennent polluer le débat (pas forcément entre deux personnes présentes mais des histoires personnelles qui ont
laissé des traces et qui influent trop subjectivement sur la façon de voir les autres, suivant d'où ils viennent, les idées préconçues qui vont avec, qui biaisent le débat)... pas très
encourageant dans un nouveau parti?! On sait tous que les autres partis et syndicats ont fait et font des conneries. Mais il faudrait peut-être voir à partir d'un principe fondamental: Ne pas
refaire les mêmes conneries qu'eux! Si vous n'effacez pas l'ardoise, à quoi cela peut-il bien servir de construire un nouveau parti, on ne rassemblera personne!
- au contraire, il y a aussi des gens nouveaux dans le militantisme, mais peu. Ils sont très attentifs, se cherchent une contenance, semblent un peu perdus dans cette nouveauté, le débat est
rapide, l'atmosphère est parfois pesante (cf. les histoires ci-dessus), mais aussi heureux et fiers d'être là et de participer à ce mouvement. Je suis de ceux-là.
- la LCR est très présente. Pour encadrer, guider, c'est un atout mais c'est aussi un piège. D'ailleurs à mon avis, la LCR devrait se dissoudre dès que possible. Tout comme les syndicalistes qui
ne vont pas pouvoir rester bloqués dans des syndicats en qui personne n'a plus confiance. Tout comme les membres d'autres partis qui ne pourront pas s'impliquer à 100% dans deux partis en même
temps. Qu'on ne parle tous que du NPA! Ce sera déjà beaucoup! On sent trop d'inertie historique et institutionnelle émanant de la LCR (j'ai par exemple été choqué par un faux débat sur "au nom de
quelle organisation je défile... et patati et patata..." Il faudrait savoir, on fait un truc nouveau et on y met toutes nos forces, ou au contraire on prend bien garde de ne pas casser nos
vieilleries? De même pour les syndicats ou les partis. C'est comme s'ils avaient peur de lâcher leur bébé... Je peux comprendre qu'ils aient un lien affectif fort avec ces organisations qui ont
porté leurs espoirs par le passé. Mais ce manque d'enthousiasme n'est pas très convaincant quand on est nouvel arrivant dans ce mouvement... si vous avez tellement peu de conviction pour quitter
votre précédent mouvement pour celui-là... Et puis, c'est comme si tout coulait de source pour ces routards du militantisme. Ce n'est pas une critique, c'est juste qu'ils ont énormément d'avance
sur les autres, ils ont déjà mené leur réflexion depuis longtemps... Mais il me semble que le mouvement essaie d'attirer une frange de la population qui ne s'est pas encore engagée en
politique... Il faut leur parler simplement (je n’ai pas dit bêtement) mais en considérant que tout ne coule pas de source pour eux, que certaine choses s'expliquent, que certaines certitudes se
rediscutent (il doit d'ailleurs bien y avoir quelque chose qui a merdé dans les systèmes précédents, il serait donc suicidaire de recommencer à l'identique, sans se poser aucune question,
n'est-ce pas?) Un exemple... Quasiment automatiquement, il a été décidé de mettre en place une cagnotte pour financer les frais occasionnés par les actions menées par le NPA. Un trésorier a été
désigné. Trésorier d'une cagnotte pour le nouveau parti anticapitaliste... C'est beau non? C'est à dire un - énième - parti qui s'oppose au pouvoir de l'argent, et qui saute sur l'occasion dès
qu'elle se présente de retomber dans l'éternel piège de se baser sur ce système qu'il est censé combattre. C'est décider aujourd'hui qu'un jour on sera contraint de se tirer une balle dans le
pied. Ou alors j'aurais mal compris. Toujours est-il que les mouvements "open source" ou "creative commons" sur internet ont inventé des modèles basés sur le "tout gratuit", la musique libre, le
logiciel libre, la culture libre... Voilà la révolution! Montrons l'exemple!! Osons ne pas tomber dans le piège du fric! D'abord pour quoi il faut du fric? Pour imprimer sur du papier recyclé??
Pour faire des banderoles? Ce n’est pas des trucs qu'on peut récupérer?? Chacun un peu chez soi, ou à la campagne... En 68... Ils prenaient un drap, un gros pinceau, et hop... ils défilaient et
on se foutait pas mal de la gueule de leurs banderoles! Parce que ce n’est pas la gueule qu'elle a ta pancarte, ou ton tract qui comptent, c'est ce qu'il y a marqué dessus. Et pour monter à
Paris, le stop, le covoiturage vous connaissez? Et puis c'est l'occasion de lier des connaissances, de parler du mouvement. Y'a des routiers supers sympas. Ou sinon si on est assez, y'a la
réquisition d'une rame SNCF... Enfin bref, pour agir contre l'argent, y'a besoin de beaucoup de volonté, d'imagination, de temps, et d'engagement personnel mais certainement pas d'argent. Ou
alors notre but est d'avoir le plus d'argent possible pour user de ce pouvoir pour écraser les autres?? C'est ce jeu du pouvoir de l'argent que vous voulez jouer?
Pas de cagnotte. Pas d'histoire d'argent. Juste une histoire d'hommes et de femmes qui se bougent pour leurs idées.
La réunion s'est terminée un peu tard. Les gens commençaient à se tortiller sur leur chaise, prêts à attraper leur veste pour rentrer. Mais que voulez-vous, chacun avait déjà sa journée de boulot
dans les pattes... C'est bien compréhensible. Je me suis levé, je suis parti discrètement, en réfléchissant. J'ai réfléchi jusqu'à ma voiture. Et puis durant toute la route... J'ai posé ma veste,
allumé mon écran et me voilà.
Certaines de mes critiques dressent un tableau négatif ; j'en conviens en relisant. Et pourtant, si je devais résumer cette soirée, ce ne sont que des mots positifs qui me viendraient à l'esprit,
comme "découverte", "soulagement", "espoir", "fraternité"... Et mes critiques ci-dessus doivent vous sembler d'autant plus exacerbées que ce projet me semble fabuleux, magnifique, bien trop beau
pour ne pas le laisser pollué par des errances idéologiques du passé (nous n'avons plus le temps pour ça). Mais l'envie (la vie) est là. Palpable. Ces gens y croient, tout comme moi. Nous avons
le même idéal de justice universelle, d'égalité, de partage. Nous ressentons le même sentiment de responsabilité à l'égard des populations qui souffrent aujourd'hui comme des générations futures
qui souffriront demain de nos erreurs d'aujourd'hui... Ne prenez donc pas mes critiques comme une fin en soi, mais plutôt comme une perche tendue pour initier, compléter le débat sur ces sujets,
confronter les arguments... Dîtes-moi que j'ai raison ou que j'ai tort, mais le plus important: dîtes-moi pourquoi!
Nous voulons remplacer le système actuel par un nouveau. Alors créons-le, faisons-le vivre, démontrons sa cohérence! Montrons l'exemple!
Réactions incontrôlées